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Le gouvernement, gang de potiches

Nombreux sont les ministres comme Michel Barnier, hier au Guilvinec, marginalisés par un Président omniprésent

Il faisait presque peine à voir. Hier, au Guilvinec, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, avait du mal à cacher son irritation de devoir jouer la potiche derrière Nicolas Sarkozy, qui avait décidé la veille de se rendre en Bretagne pour rencontrer des marins pêcheurs (lire ci-contre).

Hier Michel Barnier, avant-hier Bernard Kouchner sur le Tchad, auparavant François Fillon… la vie de ministres sous Sarkozy suppose d’avoir une qualité sur son CV : savoir s’effacer derrière le grand chef.

François Fillonou comment être ravi d’avoir deux jours pour exister. Nicolas Sarkozy à peine envolé pour Washington, le Premier ministre, dont la discrétion fait jaser jusqu’à sa majorité, en a profité pour occuper le devant de la scène. Lui qui depuis le 24 septembre était avare de ses interventions, a accepté de répondre ce matin à l’invitation de Jean-Pierre Elkabbach, sur Europe 1, pour vanter le bilan des six premiers mois de son gouvernement.

Hier, rompant avec son attitude distante des dernières semaines, Fillon lors des questions au gouvernement s’est levé par deux fois pour répondre aux présidents des groupes UMP et PS : en capitaine d’abord, en chef de guerre ensuite. Une bouffée d’oxygène bienvenue, mais qui ne suffit pas à couvrir les perfidies les députés de la majorité.

Fâché depuis le report sine die de leur proposition de loi sur le financement des partis, les élus du Nouveau Centre ont hier dénoncé le «manque de cohérence et de lisibilité de la politique gouvernementale» et réclamé à François Fillon de venir devant leur groupe faire le point mardi prochain. L’ancien ministre de la Recherche, François Goulard, n’est pas plus tendre : «Fillon a l’impopularité d’un Premier ministre alors qu’il n’en exerce pas la fonction», dit le député maire de Vannes. «Ce n’est pas sain que le Premier ministre soit aussi absent. Son effacement explique en partie le malaise de la majorité : le Parlement manque d’un interlocuteur.» Sous couvert de prendre acte de la redéfinition des rôles au sein de l’exécutif, le député de Paris Claude Goasguen tacle à son tour : «Aujourd’hui, le Président est en première ligne et le soutier, c’est le Premier ministre». Mais c’est au secrétaire général de l’UMP, Patrick Devedjian que revient la palme de la vacherie : «Le Premier ministre doit être l’animateur du Parlement, l’interface entre l’exécutif et le Parlement.»

Hier devant le groupe UMP de l’Assemblée nationale, l’«interface» Fillon a durci le ton. Rappelant aux élus de la majorité que le mois de novembre n’est jamais «facile» socialement, il a invité chacun à faire preuve de «très grande solidarité avec le gouvernement». «Il va falloir attacher vos ceintures», les a-t-il exhortés. Et la boucler ?

(...)

Lire l'article de Libération:

Actualités - Revue de presse