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Sondage IFOP du 18/11/07: Nicolas Sarkozy perd quatre points à 55%, et François Fillon un point

Analyse du sondage par IFOP

L'état de grâce, c'est fini

Cette fois-ci, l'état de grâce est bien fini. Au baromètre Ifop-JDD, Nicolas Sarkozy, avec 55
% de satisfaits (- 4), redescend presque à son score du second tour (53 %, même si les deux
chiffres ne sont pas complètement comparables) ; son taux de mécontents, 44 % (+ 5), se
rapproche lui aussi du niveau du second tour de Ségolène Royal.

La baisse est sensible chez les employés (- 10), les professions intermédiaires (- 10 aussi), les
salariés du service public (- 10 encore), les ouvriers (- 8) et les plus jeunes (- 8), catégories dans
lesquelles il est pour la première fois minoritaire. La baisse est sensible chez les sympathisants
des Verts (- 14), dont on sait que beaucoup sont surtout des électeurs indécis, chez ceux qui sont
plus éloignés de la politique et proches des sans-sympathie partisane, et chez ceux du MoDem
(- 8).

Pour comprendre ce nouveau décrochage, qui laisse cependant le Président majoritaire dans
l'ensemble de l'opinion, toujours soutenu par 93 % des UMP, 59 % des MoDem et un quart des
sympathisants socialistes, quatre mots résument les raisons de cette insatisfaction : illisibilité,
incompréhension, impatience, désaccord.

Illisibilité de l'omnisarkozysme excessif. C'est la gouvernance présidentielle elle-même qui est
mise en cause : « On le voit trop » ; « On parle trop de sa vie privée, de son divorce ». Cette
présence excessive pose un problème juridique : « Il est anticonstitutionnel, il mélange le rôle
de chef du gouvernement et de président de la République ». Sa médiatisation l'assimile à une
vedette du show-business : « On a plus l'impression que c'est une rock star qu'un Président ».
Plus grave, elle atteint directement la crédibilité du Président: « C'est un touche-à-tout. De plus
en plus on a l'impression que ce n'est pas un poids lourd ».

Incompréhension, ensuite, du décalage social entre les salaires qui n'augmentent pas et les
revenus qui augmentent trop, paquet fiscal hier et hausse du salaire du Président aujourd'hui.
Celle-ci est spontanément et fréquemment citée : « Il n'a pas fait beaucoup pour le pouvoir
d'achat, sauf pour lui ! ».

Impatience avec la réapparition des promesses non tenues aggravée par les difficultés de la vie
quotidienne et l'atteinte supplémentaire au pouvoir d'achat que constitue la hausse du pétrole.
Désaccord sur certains aspects forts de la politique présidentielle : ce que l'une des personnes
interrogées appelle « un changement de ligne en matière de politique étrangère »; « Le
rapprochement avec Bush n'a rien à voir avec la politique qu'avait la France ». Et inquiétude sur
les mouvements sociaux de ces dernières semaines.

On assiste à une banalisation du sarkozysme, dont les niveaux et les structures de popularité se
rapprochent de ceux de François Fillon: avec 52% de satisfaits (- 1) et 44 % de mécontents (+
3), celui-ci n'a plus que trois points de retard sur son Président, en satisfaction, et le même taux
de mécontentement. C'est une fraction de sympathisants de l'UMP et du Mo- Dem qui assure
encore au Président son léger avantage sur son Premier ministre.

Nicolas Sarkozy dispose encore d'une popularité positive, mais les quatre fissures que l'on a
recensées chez les nouveaux insatisfaits pourraient, si l'exécutif n'y prend pas garde, devenir,
pour lui, des failles plus inquiétantes.

Sources:

Actualités - Revue de presse