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Julien Dray: "Je veux que le débat ait lieu maintenant"

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alt Interview de Julien Dray, député de l'Essonne, porte-parole du PS par Nathalie Segaunes dans Le Parisien

Pourquoi le PS a-t-il été inaudible pendant les grèves ?

Julien Dray. Parce qu'il faut une profonde refondation du PS, de ses idées et de ses équipes dirigeantes. D'autre part, le danger qui guette le Parti socialiste, c'est à nouveau un excès de présidentialisation, qui aboutit à ce que les grandes voix, celles qui portent, deviennent prudentes dans les situations difficiles. Les éléphants s'autoneutralisent. Mais je fais aussi attention aux effets de mode. Et la mode est à la fête au Parti socialiste, depuis l'interpellation, infondée d'ailleurs, de Josiane Balasko (NDLR : « Ils sont où les mecs du PS ? » avait lancé l'actrice à propos des mal-logés de la rue de la Banque).

Jean-Luc Mélenchon estime que le silence des leaders PS sur le mouvement social, notamment de Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, « pose problème » et favorise Olivier Besancenot...

J'évite ce genre de procès. Mais il est vrai qu'il faudrait plus de courage. Celui-ci passe aussi par une confrontation fraternelle, mais ferme, avec le « professeur » Besancenot. Car, quand on se bat, on doit être responsable pour ceux qu'on représente. Ne pas emmener les gens dans le mur pour le plaisir de dénoncer comme mous ou traîtres ceux qui ont voulu éviter cet échec. Je suis prêt à avoir ce débat sur l'efficacité de la Ligue depuis trente ans.

« Je veux que le débat ait lieu maintenant »

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{niftybox background=lavender}Avec un congrès qui n'aurait lieu que dans un an, le risque n'est-il pas de voir le PS continuer à s'enliser ?

Il ne faut pas vouloir un congrès pour un congrès. Dans la phase actuelle, on doit assumer la difficulté. Si on veut éviter en 2012 les erreurs de 2007, il faut accepter le temps d'un débat sérieux. J'ai pris la responsabilité d'écrire un livre (« Règlement de comptes », Hachette Littérature) parce que je veux que le débat ait lieu maintenant.

L'absence d'autorité de François Hollande, dénoncée au sein du parti, est-elle réelle ?

Même s'il n'est pas exempt de critiques, je connais ce jeu depuis plusieurs années : ça s'appelle « la chasse au Hollande ». C'est toujours la faute à François, il est la cible idéale quand ça va mal. Mais j'ai eu plusieurs occasions d'observer que le courage de ceux qui demandent des initiatives s'arrête à la porte du bureau national. Maintenant, pour montrer à tout le monde que le PS est utile, il faut engager le combat pour la tenue d'une grande manifestation pour la défense du pouvoir d'achat des salariés.

Dans votre livre, vous écrivez que le PS a désormais le choix entre « mourir ou changer ». N'est-il pas déjà mort ?

Non. La preuve, c'est que vous consacrez beaucoup d'énergie à savoir où il en est ! Aujourd'hui, c'est l'heure de la mise à plat. Il faut ouvrir les portes et les fenêtres, accepter la confrontation avec la société, demander aux militants de s'investir pleinement, de ne pas partir, de ne pas abandonner le PS à ses querelles intestines. Je ne suis pas pour un congrès qui se déroule dans des arrière-salles de café.

Source Le Parisien: « Il faudrait plus de courage » {/niftybox}

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