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Sarkozy/Berlusconi - Trois questions à Marc Lazar

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Questions à Marc Lazar, professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences po.

Vous avez consacré un ouvrage « au moment Berlusconi », peut-on parler de similitudes avec la présidence Sarkozy ? Si oui, lesquelles ?
Sarkozy a des points communs avec Il Cavaliere.
L’importance qu’il accorde à sa propre personne, le soin apporté à la médiatisation, son effort constant pour présenter une image « people » de lui-même, sa capacité à imposer son propre agenda politique, son style percutant de communication, sa propension à la séduction, son activisme débridé, son aptitude à construire un ensemble de valeurs plus ou moins cohérent mais qui séduit, l’édification d’un bloc électoral fondé sur deux grands piliers, d’un côté, les chefs d’entreprises, les professions autonomes et libérales et les personnes à hauts revenus, de l’autre, des catégories populaires faiblement instruites et politisées, inquiètes des transformations de monde moderne qui les marginalisent, terrifiées par l’insécurité et apeurées par l’immigration.
Mais les différences sont légion.
Le contexte politique et institutionnel de la France et de l’Italie ont peu de choses en commun. Sarkozy est un vrai professionnel de la politique et non point un chef d’entreprise au cœur d’un conflit d’intérêt qui joue de l’antipolitique tout en ayant vite appris les ficelles du métier politique. Il ne possède pas ses propres chaînes de télévision ni un grand groupe de communication et éditorial, fut-il en liaison étroite avec les patrons de puissants médias. Il n’est pas milliardaire même s’il est décomplexé envers l’argent et s’il entretient des rapports privilégiés avec certains milieux d’affaires. Il dispose d’un parti héritier d’une longue tradition mais qu’il a fait évoluer. Il n’a pas de coalition puisqu’il a quasiment unifié les droites, terrassé le Front National en lui reprenant quelques-uns de ses thèmes et satellisé une partie des centristes. Il est un acteur politique expérimenté, rude dans la confrontation avec l’adversaire mais sachant le prendre à contre-pied, par exemple en ouvrant son gouvernement à des personnalités de gauche ce qui sème la zizanie chez les socialistes. Nicolas Sarkozy n’est pas le Silvio Berlusconi français et la gauche commettrait une erreur supplémentaire si elle se contentait de stigmatiser le président français en le qualifiant ainsi au lieu de chercher à comprendre sa force (mais aussi ses faiblesses), sa complexité et surtout les ressorts de son dynamisme.

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Actualités - Revue de presse