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Royal: L'heure des "retrouvailles" dans le JDD (02/12/07)

{niftybox background=lightgrey}"Trop de choses nouvelles à la fois"

Si sa campagne a été aussi difficile, c'est qu'elle contenait "plusieurs combats" à la fois. En particulier celui "d'une femme candidate au pouvoir suprême" qui était une première, et qui, elle en est certaine, a nourri l'autre procès de la campagne, " le procès en incompétence" sapant très vite sa crédibilité. "Tout vient de là", dit-elle aujourd'hui un peu crânement, alors qu'elle estime avoir été "plus préparée qu'on ne l'a dit, mais moins qu'il ne l'aurait fallu ". Au chapitre des faiblesses également, elle a proposé "trop de choses nouvelles à la fois": sa campagne participative, par exemple, trop longue et mal comprise. Le passage de la phase participative à la phase des propositions " n'a pas été assez clair", convient-elle et le fait d'avoir mélangé des éléments du projet élaboré par le parti socialiste et des éléments issus des débats participatifs "ça a fait catalogue ". Mais il y a eu des tabous levés, des valeurs comme le travail, l'identité nationale qui connaissent "en interne" (au PS) une vraie "réhabilitation". Même les plus réfractaires se " réapproprient" la démocratie participative, se réjouit-elle en observant par ailleurs que "les discours autour des grèves montrent que j'avais raison". La pagaille généralisée, elle n'aime pas ça.

Quant à l'avenir, il apparaît en filigrane, mais "ce n'est pas le moment de dire où je vais". Elle a voulu son livre totalement "déconnecté" de 2012. Sa conception du PS et de la gauche, elle n'en parlera qu'en janvier quand elle reprendra ses déplacements dans le cadre de la campagne des élections municipales. Mais d'ores et déjà elle récuse, agacée, l'idée qu'on lui prête de vouloir créer un nouveau parti de centre gauche. " Une erreur", un contresens même, puisqu'elle a toujours pensé au contraire qu'il fallait "tenir les deux bouts", selon l'expression qu'elle affectionne. Des centristes jusqu'à l'extrême gauche afin de créer " une dynamique majoritaire". Il faut prendre ce qu'il y a de bon, et d'utile dans chaque courant politique, "de la radicalité de l'extrême gauche, quand elle est nécessaire, à la force centriste quand elle est fondée ". Elle s'est toujours sentie en phase avec les altermondialistes. Elle s'était rendue à Porto Alegre lorsqu'elle était ministre de l'Environnement et sur le point d'accoucher. Dans la campagne, elle avait fait des " gestes" en faveur de José Bové. Ses positions sur l'interdiction des cultures OGM ou des pesticides ne lui ont aliéné personne de ce côté-là, pense-t-elle aujourd'hui. Mais c'est l'appel aux centristes le soir du premier tour qui reste pour elle la marque de sa campagne.

Au fil des pages, l'on trouve également quelques portraits, le portrait croisé par exemple de Jean-Pierre Chevènement et Bernard-Henri Levy, un profil de François Hollande, qui n'a jamais cru possible sa victoire, explique-t-elle. Il y a des absents aussi, Julien Dray par exemple.

Avec ce livre, un chapitre se ferme, celui de la campagne. Mais tout reste ouvert. Ce "formidable moment démocratique", ce "dépassement de soi-même" dont elle ne s'était pas imaginée capable, cette mobilisation des foules sont un " acquis", une exclusivité. Apres de tels moments soit l'on tombe en dépression, soit l'on rebondit: "Ma motivation politique est renforcée", dit-elle dans cette nietzschéenne attitude qu'elle a fait sienne (tout ce qui ne vous tue pas vous renforce).

"Je me suis remise au travail", dit-elle encore: un plein-temps entre Paris et la Région Poitou-Charentes. Depuis son nouveau QG du boulevard Raspail, elle "prend des contacts", même si côté leaders socialistes, il n'y a pas toujours de répondant. Elle prépare des voyages à l'étranger, analyse " en profondeur" la production de ses experts, les jeunes économistes entre autres, qui l'ont soutenue dans sa campagne, Thomas Piketty, ou Philippe Aghion qui enseigne à Harvard. En Région, "la nouvelle Ségolène Royal ", (la formule lui convient) met en oeuvre ses idées. Le "contrat de la première chance", si "moqué" dans sa campagne, les microcrédits, "tout cela marche très bien". Quant au Grenelle de l'Environnement, " il y a belle lurette qu'il est en place". La preuve que ses idées "sont les bonnes".

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