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1ère newsletter de Ségolène Royal à Boston

{niftybox background=lightgrey} sego6c_m.jpgComme vous le savez, je suis invitée à Boston par le Professeur Philippe Aghion pour donner une série de conférences à l’Université d’Harvard et au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Cette visite est une opportunité exceptionnelle pour rencontrer des experts et des chercheurs du monde entier.

J’ai ainsi déjeuné ce midi au Harvard Faculty Club avec deux économistes très prometteurs, et dont les travaux font déjà référence. Ce club, où chercheurs et professeurs de toutes disciplines se retrouvent et échangent, est un lieu formidable, qui illustre à merveille la vertu d’un modèle universitaire où, en dépit des inconvénients liés aux coûts d’inscription, règne une tradition très forte de dialogues interdisciplinaires entre les Sciences, les Arts et la Littérature.

Emmanuel Farhi, jeune économiste français, professeur assistant à l’Université d’Harvard, a évoqué la crise financière mondiale et l’affaire de la Société Générale.

Abhijit Banerjee, économiste indien et directeur du Poverty Action Lab au MIT (dont j’aurai l’occasion de vous reparler très bientôt…), me confirmait les difficultés de plus en plus importantes que les personnes appartenant aux couches populaires éprouvent pour se hisser à la catégorie sociale supérieure. Je me trouvais ainsi confirmée dans une idée que j’ai développée à plusieurs reprises ces dernières semaines : celle d’une diminution frappante de la mobilité sociale en France.

L’après-midi, je suis intervenue sur la rénovation des gauches européennes à l’Université de Harvard devant un public d’étudiants très intéressés. J’ai notamment insisté sur les points suivants :

-Quelque soit les pays (Suède, Danemark, Allemagne, Royaume-Uni), les Gauches rénovées avaient toutes opéré un retour à leurs fondamentaux : assurer les sécurités pour que chacun puisse à nouveau se projeter en confiance vers l’avenir, garantir à tous les possibilités de se construire des opportunités, mobiliser et dynamiser les talents dont nous sommes tous porteurs.

-Les Gauches européennes avaient toutes définies des projets politiques claires capables de parler au plus grand nombre en mettant l’humain au cœur de leur vision.

-Il leur fallait enfin une organisation disciplinée, s’appuyant sur des réseaux d’universitaires et d’experts, mais aussi sur l’écoute directe des citoyens et l’expérience des élus locaux.

A une question sur le décalage entre la part d’utopie dont est porteuse la Gauche et la réalité du monde, j’ai répondu en citant la célèbre phrase de Jaurès : « Aller à l’idéal et comprendre le réel ». Cette démarche me parait toujours d’actualité.

Dans la soirée, nous avons dîné chez le Consul général, qui avait fort opportunément invité des chercheurs et des chefs d’entreprises français implantés à Boston.

De l’intervention très intéressante d’un créateur d’une entreprise de biotechnologie, je retiens :

-Pour encourager l’esprit d’entreprise, la France doit reconnaître aux entrepreneurs le droit à l’échec.

-Les aides à la recherche – appliquée ou fondamentale – doivent être profondément modifiées ; le système de conditionnalité et de remboursement mis en place par OSEO est en décalage avec les besoins du monde de la recherche.

A demain, pour le super Tuesday…
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